Les Mille-Feuilles

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17 juin 2013

ADIEU, MAURICE…

 … ET MERCI – MERCI POUR TOUT !

Maurice Nadeau au « Trumilou » le 24 mai 2011

  © Armand Borlant


TIPHAINE SAMOYAULT :

« Cher Maurice,

Avant de vous connaître, je savais lire, mais c’était à peu près tout. Vous m’avez appris ce qu’on pouvait faire avec les livres, les transmettre, les défendre, se battre avec, s’en souvenir. Vous m’avez donné le temps des livres, qui est aussi bien l’engagement, l’amitié, que l’ironie et la distance avec l’époque. Vous m’avez donné une autre image du siècle. Ce XXe siècle, dans lequel je suis arrivée tard, vous m’en avez ouvert une autre porte que celle des crimes, du désœuvrement et de la fin des utopies. Regarder sa violence en face a signifié pour vous de reconnaître avant les autres les écrivains qui la disaient et qui parlaient dans le désert.

Vous êtes mort et je vous croyais immortel. Ce n’est pas un mot d’enfant. Vous aviez laissé le temps. Dans tous les sens du terme. Vous nous laissiez du temps. Vous le laissiez durer. Le tournant du siècle, pour moi, c’est quand vous avez passé 100 ans. Vous ne rentriez pas dans le nouveau à reculons, mais vous continuiez à regarder le précédent en face et nous disiez que lire, c’est placer son regard en équilibre entre le passé et l’avenir, dans le présent. La dernière fois où je vous ai vu vivant, c’était il y a deux semaines. Vous avez parlé de votre avenir en disant que vous ne le voyiez plus. La Quinzaine allait mal. Je me disais que, sans doute, je ne vous verrai plus jamais vivant. C’est ainsi que l’on passe de l’immortalité à la mort d’un seul coup, lorsque l’équilibre auquel on s’accrochait si fort est rompu par le coup d’aile de la nécessité. Quelque chose devient irrespirable, alors on ne respire plus.

Pourquoi est-ce que je tenais tant à vous ? Vingt ans de compagnonnage dans le Journal, mes deux premiers livres publiés par vous, la confiance maintenue jusqu’au bout, c’est tout cela, mais ce n’est pas tout. Vous mainteniez la résistance active dans une époque qui pensait n’en avoir plus besoin. On se moquait parfois de nous, vos collaborateurs, si subjugués par votre personnalité que nous vous remettions la nôtre, que nous oubliions nos droits les plus élémentaires et notre liberté. C’était ne pas voir que notre liberté tenait précisément à cela, à appartenir à une organisation solidaire où rien n’obéissait aux lois du commerce ordinaire, quand le salaire est le prix de la peine et la rivalité, la règle des rapports. Pour nous, c’était le contraire : nous apprenions à résister à notre tour au spectacle intégré et aux lois du marché. Les livres, la littérature nous payaient de notre désir et de notre inadaptation. Ce que certains appelaient votre trotskysme, je lui donnais le nom de la résistance, qui est cette fois une manière d’endurer.

Vous êtes mort le 16 juin 2013, cent-neuvième anniversaire du Bloomsday, le jour de Bloom, le jour des fleurs en boutons. Vous avez été le contemporain de Joyce et avez tenu absolument à le rester. Une vie, dit Stephen dans Ulysse, c’est beaucoup de jours, jour après jour. Vous en avez vécu trente-huit mille et presque autant de livres sans doute. Vous m’avez donné le temps de tous ceux et celles que vous avez lus et connus. Je me promène dans ce volume de 38 000 pages que vous m’avez confié. Mon chagrin ne me permet pas encore d’y mesurer ma vie. Mais en répondant aujourd’hui à la dernière lettre que vous m’avez écrite, je me dis qu’il peut encore y avoir là une raison d’agir. »

(lettre parue dans le journal Libération du 18 juin 2013)


« La Quinzaine littéraire » n° 1087 du 1er juillet 2013

10 décembre 2010

Le logo des Mille-Feuilles

À l'automne 1998, alors que se préparait à, pour et avec La Canaille le lancement d'une série de rencontres littéraires mensuelles dont nul ne prévoyait qu'elles passeraient le cap d'un second hiver, le compagnon d'un ami dessinait – gracieusement et spontanément – ce qui allait très vite devenir le logo officiel des Mille-Feuilles :

Logo officiel des Mille-Feuilles

Je ne l'ai jamais revu depuis, mais, s'il "tombe" un jour sur ces lignes, qu'il sache que je ne l'ai jamais oublié – et que ma gratitude éternelle lui est acquise…

14 octobre 2010

Souvenirs de l'unique soirée ...

                    ... au Vins des Pyrénées.

Nous étions nombreux, avant-hier soir au VdP, mais cela ne leur a pas suffi… – tant pis !
Car l'essentiel est ailleurs : cette affluence – inespérée un soir de grève nationale – a rencontré la grande générosité des auteurs invités, pour donner des échanges d'une qualité dont on se souviendra longtemps.
MERCI À TOUS !
En attendant que nous retrouvions, dans le même quartier, un lieu qui accepte d'accueillir les Mille-Feuilles dans de bonnes conditions, voici les quelques photos que notre ami Armand Borlant a réussi à prendre lors de cette 93ème édition :


CLARO – MATHIEU LARNAUDIE – MAYLIS DE KERANGALMAYLIS DE KERANGALSTÉPHANE LEGRAND – CLARO – MATHIEU LARNAUDIE – MAYLIS DE KERANGALSTÉPHANE LEGRAND – CLARO – MATHIEU LARNAUDIE – MAYLIS DE KERANGAL – FRÉDÉRIC FREDJ« INCULTE » au VdP !STÉPHANE LEGRANDMATHIEU LARNAUDIECLARO – MATHIEU LARNAUDIEMAYLIS DE KERANGALCLARO

©Armand Borlant

6 juin 2010

Arrêt sur image

MAI/JUIN 2010

27 avril 2010

Tristesse…

Denis Guedj

Le lundi 15 décembre 2003, DENIS GUEDJ était venu au restaurant La Canaille parler de son dernier livre, Les Cheveux de Bérénice. C'était le 32ème Mille-Feuilles (auquel participaient également Brigitte Paulino-Neto et Richard Millet).
Denis Guedj était mathématicien, enseignant, écrivain.  
Il nous a quittés samedi dernier, à l'âge de 69 ans.
En lui rendant hommage aujourd'hui, en saluant fraternellement l'esprit libre et l'honnête homme qu'il resta jusqu'au bout, en associant sa mémoire et son nom à ceux de Paul Steinberg, Liliane Dayot, Jacques Lacarrière, Pierre Vidal-Naquet, Frédéric Fajardie, Thierry Jonquet, Gérard Bobillier et Daniel Bensaïd, « Les Mille-Feuilles » n'acquittent qu'une infime part de ce que leur pérennité doit à la grande générosité de tant d'auteurs…

Les Cheveux de Bérénice

7 avril 2010

« Tu te souviens comme elle était belle, l’Italie ? »

C’ÉTAIT HIER SOIR LE 90ème MILLE-FEUILLES…

Avec :
ANTONIO TABUCCHI, BERNARD COMMENT ET ANDREA BAJANI
– grâces leur soient rendues !


ANTONIO TABUCCHIBERNARD COMMENTANDREA BAJANIANDREA BAJANI – ANTONIO TABUCCHI – BERNARD COMMENTANDREA BAJANI – ANTONIO TABUCCHIANTONIO TABUCCHI – BERNARD COMMENTANTONIO TABUCCHIANTONIO TABUCCHIANDREA BAJANI – ANTONIO TABUCCHIBERNARD COMMENTCarte blanche à Antonio Tabucchi (1)Carte blanche à Antonio Tabucchi (2)

©Armand Borlant

17 mars 2010

« Cartouche » en images

C’ÉTAIT LE 89ème MILLE-FEUILLES…

Avec : EMMANUEL PIERRAT, MARIE L., MARIANNE PAUL-BONCOUR ET RENÉ SCHÉRER     – mille mercis à tous (en particulier à notre ami Armand Borlant, qui a une nouvelle fois réalisé de superbes clichés de cette soirée) !


EMMANUEL PIERRATMARIE L.MARIANNE PAUL-BONCOURRENÉ SCHÉRERFRÉDÉRIC FREDJ – EMMANUEL PIERRAT – RENÉ SCHÉREREMMANUEL PIERRAT – RENÉ SCHÉRER – MARIE L. – MARIANNE PAUL-BONCOURMARIE L. – MARIANNE PAUL-BONCOURRENÉ SCHÉRER – MARIE L.MARIANNE PAUL-BONCOURGABRIEL MATZNEFF – RENÉ SCHÉRER

©Armand Borlant

31 janvier 2010

« Carnet nomade » en images

C’ÉTAIT LE 88ème MILLE-FEUILLES…

Avec : COLETTE FELLOUS, PAUL NIZON, ABDELLAH TAÏA, MINH TRAN HUY
et une soixantaine de participants – mille mercis à tous !

PRÉCISION DE DERNIÈRE MINUTE : pour des raisons indépendantes de notre volonté, nous avons été contraints d’annuler la rencontre "Mille-Feuilles" prévue au mois de février. À bientôt, donc (vers la mi-mars) !

 

COLETTE FELLOUSPAUL NIZONABDELLAH TAÏAMINH TRAN HUYCOLETTE FELLOUSMINH TRAN HUY – PAUL NIZON – ABDELLAH TAÏAMINH TRAN HUY – PAUL NIZON – ABDELLAH TAÏA« Carnet nomade » (1)« Carnet nomade » (2)COLETTE FELLOUS – MINH TRAN HUY – PAUL NIZONABDELLAH TAÏA – PAUL NIZONPAUL NIZON

©Armand Borlant

20 décembre 2009

« À SAUTS ET À GAMBADES » ...

... DE GEORGES BERNANOS À FRÉDÉRIC FAJARDIE, EN PASSANT PAR PHILIPPE MURAY, JAMES LEE BURKE, JEAN AURENCHE, PAUL NOTHOMB, FRANÇOIS TRUFFAUT, KATRINA, LA PRINCESSE DE CLÈVES, PHILIPPE-LE-BEL ET QUELQUES AUTRES :                                 tel fut le 87ème Mille-Feuilles (avec Philippe Meyer, Bertrand Tavernier, Sébastien Lapaque et 76 vrais lecteurs) – MILLE MERCIS À TOUS !

 

PHILIPPE MEYERBERTRAND TAVERNIERSÉBASTIEN LAPAQUEPHILIPPE MEYERPHILIPPE MEYER – BERTRAND TAVERNIER – SÉBASTIEN LAPAQUEBERTRAND TAVERNIERSÉBASTIEN LAPAQUEFRÉDÉRIC FREDJ – PHILIPPE MEYER

©Armand Borlant

21 novembre 2009

Le bonheur, en somme...

Voici quelques photographies du 86ème Mille-Feuilles (mardi 17 novembre 2009), dues à l'objectif talentueux de notre ami Armand Borlant :

 

MAURICE NADEAU – CLAUDIO MAGRIS – PHILIPPE DI MEOMAURICE NADEAUMAURICE NADEAUCLAUDIO MAGRISCLAUDIO MAGRISCLAUDIO MAGRISPHILIPPE DI MEOPHILIPPE DI MEOMAURICE NADEAU – CLAUDIO MAGRISCLAUDIO MAGRIS – PHILIPPE DI MEOMAURICE NADEAU – CLAUDIO MAGRIS – PHILIPPE DI MEO

©Armand Borlant

                    « Ricaner de tout espoir en l'avenir fait désormais partie du répertoire obligé de la vulgarité. »

(Claudio Magris, Utopie et désenchantement, Gallimard, 2001)

Soixante-treize personnes de tous âges et de toutes origines se sont pressées mardi dernier pour rencontrer et entendre Maurice Nadeau, Claudio Magris et Philippe Di Meo, à l'occasion de ce 86ème Mille-Feuilles consacré à La Quinzaine littéraire et à l'œuvre de Claudio Magris.                                                                                                                                    La soirée, introduite par un extrait de la Symphonie "des Mille", de Gustav Mahler, a tenu toutes ses promesses – et bien au-delà ! Et l'élégance et la générosité avec lesquelles La Quinzaine littéraire a "couvert" l'événement (cf. ci-dessous) marqueront à jamais l'histoire de ces rencontres.

MILLE MERCIS À TOUS !         

Cadeau !


Re-cadeau !

10 août 2009

Noir c’est la vie…

« J'écris des romans noirs. Des intrigues où la haine, le désespoir se taillent la part du lion et n'en finissent plus de broyer de pauvres personnages auxquels
je n'accorde aucune chance de salut.
Chacun s'amuse comme il peut. »

(Thierry Jonquet, Rouge c’est la vie, Le Seuil, 1998)

Paul Steinberg, Liliane Dayot, Jacques Lacarrière, Pierre Vidal-Naquet, Frédéric Fajardie, et maintenant Thierry Jonquet...
Une fois de plus, les Mille-Feuilles déplorent la perte d'un ami – et non des moindres
(trois participations : 8 février 1999, 23 octobre 2000, 21 mai 2007) !
Les mots nous manquent pour dire notre peine, et ce qu'ont représenté pour nous l'écriture, l'intelligence et la profonde humanité de ce maître du "polar à la française", disparu hier à l'âge de 55 ans. Nous nous contenterons de rappeler l'extraordinaire soirée d'octobre 2000 à La Canaille, où, "coincé" entre Philippe Meyer et Bertrand Delanoë (« si je comprends bien, je suis le gauchiste de service ! »), Thierry Jonquet fit entendre avec beaucoup de subtilité la "petite musique" de Jours tranquilles à Belleville – ce récit si juste qui lui valut la haine de tant de cons.
SALUT ET FRATERNITÉ !


[cliquer ici pour consulter le site officiel de Thierry Jonquet,
et ici pour le bel hommage d'Hubert Artus dans Rue89]

 

13 mai 2009

C’était hier… – merci à tous !

©Armand Borlant

GÉRARD MACÉ – FRANÇOIS BON – GABRIEL BERGOUNIOUX – PIERRE BERGOUNIOUXFRÉDÉRIC FREDJ


25 décembre 2007

Bref rappel historique


              Logo_Mille-Feuilles   Logo_Mille-Feuilles   Logo_Mille-Feuilles


Du lundi 11 janvier 1999 au mercredi 16 janvier 2008, du restaurant La Canaille au restaurant Candide, "Les Mille-Feuilles" auront réuni, en plus de neuf ans et 72 soirées, près de 2000 participants différents – venus de tout Paris, de banlieue, et même parfois de province – autour de 205 auteurs différents (souvent avec leurs éditeurs), et "mobilisé" huit librairies indépendantes.
Que tous en soient ici remerciés !
En 2008, l'aventure continue, bien sûr, mais ailleurs et sous une autre forme
– nous y reviendrons.
En attendant, voici pour mémoire un petit résumé en images (?) de certains des épisodes précédents :


CLAUDE & GÉRARDLa Canaille a vingt-cinq ans !
Au commencement était La Canaille – lieu unique et irremplaçable...                                     Au commencement furent Gérard Bournoville et Claude Milleret, donc,                          sans qui "Les Mille-Feuilles" n'auraient JAMAIS existé.

Tract lancement Mille-Feuilles (automne 1998) Ce tract a été distribué à La Canaille et dans les principales librairies du quatrième arrondissement de Paris au cours de l'automne 1998.
La "première" des Mille-Feuilles a eu lieu à La Canaille le lundi 11 janvier 1999 et a réuni une cinquantaine de personnes autour d'Henri Weber et de Daniel Bensaïd pour un débat intitulé UTOPIE ET ACTION (à l'occasion des trente ans de Mai 68).


Compte-rendu du 3ème Mille-Feuilles (08-03-99)
Notre ami et camarade Paul Steinberg ("Henri" dans Si c'est un homme, de Primo Levi) nous a quittés le 20 décembre 1999, soit peu de temps après cette soirée mémorable...
Son témoignage exceptionnel, Chroniques d'ailleurs, a été récemment réédité en format de poche chez Ramsay.


Recto_programme_4ème_trimestre_2000
Modeste contribution des Mille-Feuilles à la chute de la Maison Chirac...

Portraits_2004-2005DS-Magazine_2004ON CONNAÎT LA CHANSON (23-01-06)Zurban_2004.jpgPremiers échos médiatiques !                                                                                                       Les rencontres ont été aussi régulièrement annoncées dans La Quinzaine littéraire.

Programmes trimestriels 2004Programmes trimestriels 2005
Programme du premier trimestre 2006
Programme du deuxième trimestre 2006
Programme du premier trimestre 2007
Programme du deuxième trimestre 2007
Programme du quatrième trimestre 2007


À SUIVRE ...